First street rock !

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srdfsdsdfC’est sur cette interjection lancée par le deejay-producteur Tapper Zukie que s’ouvre le LP Hail Dread. Ce bout de phrase résonne comme un terrible avertissement : cette musique vient des tréfonds du ghetto et témoigne sans concession de la tuff reality de Trenchtown.

34d6cd0fcb92a45Pour paraphraser Tapper ‘Musical Intimidator’ Zukie, laissez-moi vous présenter le groupe Knowledge. D’abord composée d’Anthony Doyley et Mike Smith, la formation intègre rapidement Earl ‘Rockman’ McFarlane, Michael ‘I Lux’ Samuels et enfin Delroy ‘Bronco’ Fowlin. Nous sommes au milieu des 70’s. Issus des faubourgs de Trenchtown, ces 5 youth de first street sont imprégnés de foi Rasta. C’est ainsi qu’au détour d’un verset de la Bible (“The fear of the LORD is the beginning of wisdom: and the knowledge of the holy is understanding” ) le groupe se choisit ce nom emblématique : Knowledge. (littéralement : la connaissance) 

L’album sur lequel je me penche aujourd’hui constitue leur tout premier effort. Enregistré en Jamaïque dans les travées des studios Black Ark et Channel One, le disque ne sortira pourtant pas directement sur l’île : en 1978, Tapper Zukie emmène les bandes en Angleterre et le fait éditer par un major américain, A&M. L’album connaît alors un petit succès dans la Perfide Albion, un poster publicitaire immentse est même installé sur Picadilly Circus! Une édition jamaïcaine voit finalement le jour sur le label Tappa, agrémentée d’une cover remarquablement moche , et rebaptisée pour l’occasion “Words Sound & Power”. (1)

La musique sur ce disque est jouée par un véritable all-stars de musiciens yardies. On y retrouve entre autres: le bassiste George ‘Fully’ Fullwood, Sly Dunbar, Max Edwards, Scully, le tromboniste Vin Gordon ou encore un certain Earl ‘Chinna’ Smith… ma foi, de quoi sortir de bons riddims. Les rythmes sont rockers et les mélodies emmêlées dans de puissantes lignes de cuivres. 

knowledge1La performance vocale du groupe est, elle aussi, superbe. Le lead est assuré la majeure partie du temps par la voix puissante d’Anthony Doyley. Une voix charismatique et pleine de force qui emmène dans son sillage de troublantes harmonies. La composition, le lead, la tonalité de ces backing vocals varient en fonction de la chanson abordée, dans une osmose fragile que seul le “sufferer jamaïcain à plusieurs voix”(2) a su trouver. La chanson Population en est un bel exemple : un véritable dialogue s’instaure entre Anthony Doyley et un backing-vocal dominé par Michael Samuels, l’un finissant la phrase de l’autre, pour terminer sur ce refrain génial “They’re rising for a fall / population knows it all”.  Delroy ‘Bronco’ Fowlin assure quant à lui le lead vocal sur deux chansons de l’album : Zion et évidemment, le mythique Sentry.

Le bonus, vous l’aurez peut-être remarqué dans les youtubes intégrés au-dessus, c’est l’extension des tracks, qui s’allongent dans de sublimes dub. Le What’s Yours d’ouverture dure par exemple plus de 7minutes : aussi long que sur le maxi! Vous l’aurez compris cet album est proprement in-con-tour-nable, et ce pour une simple et bonne raison : il résume Trenchtown à lui tout seul.

Notes :
(1) On trouve également beaucoup des chansons d’Hail Dread et plus encore dans l’excellente compilation de Makasound, “Straight outta Trenchtown”.

(2) concept inventé à l’instant

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2 thoughts on “First street rock !

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