There is a place in Africa…

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” There is a house in New Orleans
They call the Rising Sun
And it’s been the ruin of many a poor boy
And God, I know, I’m one “

La fin de l’été, le temps déjà maussade et un taux affolant de caféine dans le sang m’ont convaincu de coucher sur papier (enfin sur blog) cette idée qui me trainait en tête depuis un moment : passer en revue et au décorticage les différentes reprises de ce standard qu’est House of the Rising Sun. Vous le savez, sur Killers Without Fillers, on n’argumentera pas au sujet des portes du pénitencier de Johnny ni même – aussi belle soit elle – de la version des Animals. Mais bien plutôt de la façon dont les yardies se sont approprié ce cri populaire du prolo amerlock.

Attaquons la montagne par le flan chronologique. Le premier à s’intéresser à ce morceau est le producteur Keith Hudson. Le seul dentiste dont on aime écouter la fraise. Il produit en 1972 les mystérieux Skiddy & Detroit qui accoucheront du superbe Exile Song, sorti en Jamaique sur Mafia et en Angleterre sur Grape. Après une intro d’orgue lunaire et un skank apocalyptique, la version dévoile une réadaptation intelligente des paroles par l’écurie Hudson, qui remplace le “There is a house in New-Orléans” par un tonitruant “There is a place in africa”. La voix lead est en place, juste dans l’intensité, et nous fait regretter (à moins que ce Skiddy soit un nom à usage unique), une discographie famélique. Pour ne rien gâcher (et soit dit en passant), la face B de cette pépite recèle une géniale version du Ya-Ho des Viceroys par l’une de leurs voix, Bunny Gayle.

Keith Hudson ne va pas s’arrêter là. Il engage l’année d’après (73) Delroy Wilson, pour qu’il signe, lui aussi, sa version du morceau. Le riddim utilisé est le même que pour Skiddy & Detroit, probablement un peu remanié au mixage. Normalement, pas la peine d’épiloguer sur la voix de Delroy Wilson, qui sans conteste est (je crois) l’un des meilleurs chanteurs de la Jamaïque. Mais sur ce disque, intitulé Addis-Ababa, l’impression est mitigée. Pas aidée par un mix douteux, la voix semble lointaine, faiblarde et l’on sent un Delroy Wilson peu impliqué dans sa prestation. Vous pouvez m’envoyer vos lettres de menace si le ressenti est différent chez-vous. Il existe deux pressages de ce morceau et ils diffèrent radicalement : sur le pressage anglais Spur, une guitare saturée est ajoutée et fera fuir en courant les allergiques. Un sentiment dérangeant d’étouffement, de suffocation envahit le morceau, mais il n’est pas inintéressant d’y jeter une timide oreille. Pour les plus frileux, un pressage jamaiquain existe sans cette guitare, sur Iron Fist.

Le Studio One de Sir Clement Dodd, qui s’est fait un genre du cover américain, n’est bien sûr pas en reste. En 1974Anthony Creary reprend lui aussi le tube. Sa version, Land Call Africa, est plus profonde, plus calme que les oppressantes productions Hudson. Les harmonies et le piano d’intro donnent de suite à cette reprise sa tonalité mélancolique. Un contre temps à l’orgue est plaqué et la légendaire guitare studio one brode autour. La performance vocale de cette énième inconnu au bataillon fait une nouvelle fois regretter une production sporadique. La légende raconte que pour éviter la censure des radios locales, le 45 tours fut édité par Coxsone sur un de ces multiples sous-labels, et qué s’appellorio Sight-N-Sound.

La dernière version que je voulais évoquer ici est livrée par le Prince du reggae lui-même, Dennis ‘Emmanuel’ Brown.  Il s’agit du morceau Life’s worth living autoproduit en 1976, et sortit à plusieurs reprises sur le D.E.B. de Castro Brown ou sur le label apparenté Morpheus. Vous l’aurez compris, Dennis Brown ne reprend ici que la mélodie du House of the rising sun, et délaisse la thématique originelle pour déclamer à son amour que la vie avec elle vaut la peine d’être vécue. (“Life’s worth living / with someone like you“). Comme sur nombre de productions DEB, une classieuse section cuivre accompagne le chanteur et donne une épaisseur nouvelle à ce thème.

P.S : Cette liste se sait non-exhaustive et n’attend que vos contributions pour s’étoffer. Mais n’oubliez pas, Killers Without Fillers, ça veut bien dire ce que ca veut bien dire.

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