Interview Carl Dawkins : “I can’t get away from being an emancipated man !”

carl dawkins dfgJe me dis parfois qu’on vit une époque bénie pour les mélomanes. Bon, OK, c’est vrai, de nos jours, les claviers I-Mac ont remplacé les claviers Hammond, la musique n’a même plus de support physique, et Maitre Gims est en tête des ventes  3 signes flagrants de l’apocalypse. Mais à part ça, il faut reconnaître que l’on vit un temps dans lequel l’accès à la musique est grandement facilité, voire illimité. Quelle chance aurais-je eu de connaitre Carl Dawkins, et son œuvre, si j’étais né à une époque sans internet ? Et, puis, quelle chance (1) aurais-je eu de le rencontrer ?

“I can’t get away from being an emancipated man !”

Chaque fois que je croise un vétéran jamaïcain, je suis frappé par leur humilité et leur générosité pour partager les histoires et anecdotes qui ont fait cette musique. Je crois qu’ils ne se rendent pas bien compte de ce que représentent leurs chansons pour nous. Au cours de cette vingtaine de minutes, nous balayons plusieurs sujets – et pas seulement musicaux. La jeune fille qui a inspirée Baby I love you. Sa rencontre avec Rastafari. Son admiration pour le Dr Walter Rodney et ses causes, un mélange de socialisme-marxiste et de panafricanisme. Et puis, cette mauvaise nouvelle que j’aurais préféré ne pas apporter (4) : Carl Dawkins ignorait qu’Onlyroots avait réédité sa chanson, Dreadful Situation. Encore une de ces histoires où tout est parfaitement légal – Harry J a été payé en bonne-et-due forme – mais dans laquelle le chanteur est le dindon de la farce. Onlyroots n’y peut rien : il respecte la loi à la lettre. Je n’dis pas que c’est juste : je dis que c’est juste la loi. Je me garderais de répéter exactement ce que je disais ici, parce que je suis encore parfaitement d’accord avec moi-même. Juste ajouter que  dans le cas présent, le sentiment d’injustice est encore renforcé par la chanson en question, qui décrit déjà une Dreadful situation. 2 Mais là je fais dans le romantisme.

Walter-RodneyBref, malgré le patois à-couper-au-couteau (je sais que ça peut en décourager certains) accrochez-vous, et j’espère que vous prendrez autant de plaisir à écouter l’interview que moi à l’enregistrer.

Chansons utilisées pour l’interview :

Carl Dawkins, Baby I love you [JJ 7’’] 1967
Carl Dawkins, Hard Times [JJ 7’’] 1967
Carl Dawkins, Dr Rodney history [New Beat 7’’] 1969
Carl Dawkins, This Land [JJ-pre 7’’] 1970
Carl Dawkins, Dreadful Situation  [Cancer 7’’] 1976
Carl Darkins(Dawkins)Back a yard [Jahlight 12’’] 1981

DSCF3554

  1. Un grand merci au Blues Party Sound pour le link ! Foncez écouter/découvrir leur Reggae Juice !
  2. Si vous aussi vous trouvez insupportable de voir ces légendes jamaïcaines finir dans la misère, alors même que leur musique se vend encore aux quatre coins de la planète, je vous encourage à signer cette pétition.
  3. Pour poursuivre le plaisir avec Carl Dawkins, retrouvez la cruciale – et complémentaire – interview d’Angus Taylor sur United Reggae.
  4. Avant d’émettre un jugement définitif sur le travail d’Onlyroots, n’oubliez pas que chaque jour des dizaines de pirates sortent, et qu’Onlyroots est l’un des seuls à rétribuer systématiquement les acteurs de son catalogue.
Advertisements

3 thoughts on “Interview Carl Dawkins : “I can’t get away from being an emancipated man !”

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s